Partir ou rester ?

Il arrive forcément un moment dans une carrière où on ressent l’envie de quitter son emploi. Cela peut avoir de multiples raisons : Le travail n’est pas très intéressant, le poste n’offre pas de perspectives d’évolution, on ne s’entend pas bien avec certains collègues, le salaire n’évolue pas comme on le souhaite… Toutes ces raisons sont bonnes, à partir du moment où elles sont légitimes.

Ça gratouille

Quand on commence à se sentir mal quelque part, c’est bien souvent qu’une petite gêne invisible a eu le temps de grossir jusqu’à devenir vraiment désagréable. C’est un peu comme lorsque l’étiquette de votre t-shirt vous pique dans le cou : au début on n’y fait pas attention, mais plus la journée avance plus on ne pense qu’à ça ; on commence à se gratter et à la fin on est obnubilé par l’idée d’enlever ce p$%*@ de t-shirt.
C’est certain, il est inutile de garder sur soi un t-shirt qui vous gratte. Mais plutôt que de l’arracher et d’en faire des lambeaux, il vaudrait mieux découper proprement cette agaçante étiquette, non ?

Alors quand vous sentez un certain mal-être professionnel s’immiscer en vous, prenez le temps de vous demander quelles sont les raisons à cela. Très souvent, le simple fait de se poser la question vous ouvrira les yeux sur les réponses à y apporter. Dans la plupart des cas, les soucis que vous ressentez sont partagés par d’autres personnes ; commencez par en parler avec elles, étudiez à plusieurs les solutions que vous pouvez mettre en place.

Si vous ne trouvez pas de solutions par vous-même, n’hésitez pas à requérir une discussion en tête-à-tête avec votre supérieur hiérarchique ou le responsable des ressources humaines. Ce n’est peut-être pas évident pour vous, mais la plupart des dirigeants désirent sincèrement que leurs employés se sentent bien au travail. Faites-leur comprendre votre désarroi ; s’ils ont un tant soit peu d’empathie, ils se mettront à votre place, tenteront de vous comprendre, et chercherons avec vous les résolutions qui pourraient ramener les choses à un état plus satisfaisant.

Dans certains cas, ce type d’entrevue doit être privilégié. Si vous n’êtes pas content de votre salaire, évitez d’en parler avec tous vos collaborateurs ; cela vous nuirait plus qu’autre chose.

Ça chatouille

Peut-être avez-vous envie de changer d’air, non pas parce que vous n’êtes pas heureux là où vous êtes, mais parce que l’envie de voir autre chose – ou de créer votre propre affaire – se fait pressante.

La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit là de bien meilleures raisons. Il est plus agréable, mais aussi plus « noble » du point de vue de vos supérieurs, d’être chatouillé par l’ambition que d’être gratouillé par un mal-être.
Là aussi, prenez le temps de vous poser quelques questions. Pour commencer, êtes-vous bien certain que cette envie n’a pas pour origine un petit gratouillage caché ? Si c’est le cas, relisez les paragraphes précédents. Ensuite, commencez par regarder autour de vous. Il est plus constructif de trouver de nouveaux défis sans pour autant tout envoyer valser.

Parlez de vos ambitions à vos supérieurs. Dites-leur que vous pensez que votre carrière devrait atteindre un nouveau palier, et que vous n’avez actuellement pas les moyens d’y arriver. Si vous trouvez ensemble un moyen de remplir une partie de vos attentes, vous aurez de quoi être content : votre quotidien en sera amélioré et vous pourrez emmagasiner de nouvelles expériences. Accessoirement, vous pourrez confronter la vision que vous avez de vos capacités avec la réalité du travail à accomplir.
Et si vous trouvez que les choses n’avancent pas suffisamment vite, vous aurez toujours la possibilité de revoir votre stratégie dès que vous sentirez de nouveau le chatouillement.

Partir comme il faut

Je n’essaye pas de vous inciter à rester là où vous êtes à tout prix. Je pointe juste du doigt le fait qu’il est plus profitable de tirer le maximum d’une position acquise. Par contre, si après vous être posé les bonnes questions, vous restez persuadé qu’il faut quitter votre entreprise actuelle, n’hésitez pas : allez-y !

Pour parler franchement, n’ayez pas de scrupule. À partir du moment où vous êtes droit dans vos chaussures, vous n’avez pas de compte à rendre à qui que ce soit. Mais assurez-vous vraiment de vous être posé les bonnes questions. Ne quittez pas votre poste pour de mauvaises raisons, vous finiriez par le regretter.

Soyons clairs. Voici ce qu’il va se passer à partir du moment où vous aurez donné votre démission :

  • Vous voudrez écourter votre préavis au maximum, alors que votre supérieur voudra que vous le fassiez en entier (a priori 3 mois).
  • Votre implication dans vos projets va rapidement diminuer, alors qu’on continuera à vous assigner des montagnes de tâches comme si de rien n’était.
  • Vous aurez l’impression de vous comporter comme d’habitude, mais vos collègues se comporteront différemment envers vous.

Pour commencer, retenez-vous de « claquer » votre démission à la tête de votre responsable. Ça peut sembler très jouissif sur le moment, mais il pourrait vous le faire payer par la suite. Préférez une démarche constructive. Expliquez que vous désirez réaliser le transfert de connaissances dans les meilleures conditions possibles. Si votre interlocuteur ne veut rien savoir, faites-lui comprendre qu’il doit bien s’attendre à ce que votre motivation ne garde pas le même niveau, et qu’attendre 2 mois et demi avant de commencer à transmettre vos dossiers à votre remplaçant est le meilleur moyen pour que ce soit mal fait.
Attention toutefois à ce que votre discours ne tourne pas à la menace déguisée. Si vous tentez de mettre la pression en disant que vos horaires de travail risquent de souffrir de la situation, vous allez droit dans un mur. Dans le meilleur des cas vous allez être obligé de faire vos 3 mois de préavis (ennuyeux), dans le pire des cas vous vous retrouverez aux prud’hommes (très ennuyeux).

Dédramatisez la situation au maximum. Expliquez que votre démarche n’a rien de personnel, mais que vous voulez donner une impulsion différente à votre carrière. Vous pouvez même dire que vous espérez que vos chemins professionnels se croiseront de nouveau à l’avenir.

Ensuite, prenez soin de communiquer avec vos collègues sur les raisons qui vous conduisent à quitter l’entreprise. Attendez-vous à 3 types de réactions :

  • Les neutres. Ils ne s’intéressent pas vraiment à votre vie. C’est très bien ainsi, mais prenez toutefois le temps de garder les contacts qui pourraient vous servir dans quelques années.
  • Les envieux. Ils ronchonnent dans leur coin depuis des mois ou des années, ruminent de vagues rancoeurs, mais ne trouvent pas le courage de partir. Ils ne se sont sûrement pas encore posé les bonnes questions. Mais vous leur renvoyez l’image de ce qu’ils n’osent pas faire, et ils n’aiment pas ça. Aidez-les à se poser les bonnes questions, amenez-les à dire que finalement ils ne sont pas si mal lotis que ça, et ils se sentiront mieux.
  • Les fidèles. Ils possèdent l’esprit d’entreprise et voient dans votre départ une forme de trahison. Incitez-les à se mettre à votre place, expliquez les raisons de votre départ, et dites bien que cela ne change rien au fait que vous avez apprécié les années passées en leur compagnie.

5 réponses sur “Partir ou rester ?”

  1. Et les collègues qui sont authetiquement heureux pour le nouveaux départ de leur collègue ? Tu n’as pas ça dans ta liste ? Ca existe pourtant….

  2. Hello,

    cherchant actuellement de nouveaux horizons, je me demandais ce qui arriverait si l’employeur vié passait un coup de fil à mon employeur actuel..

    Sur le CV, je compte bien indiquer que je suis toujours en poste, mais l’appel pourrait avoir lieu.

    Et comment aborder cette question en entretien, passes-t’on pour un cuistre de demander à ce qu’il n’appelle pas ?

  3. Je ne connais aucun recruteur qui appellerait l’employeur d’un candidat en poste. Si on veut prendre des référence, on appelle les employeurs précédents.
    Il peut d’ailleurs être une bonne idée de mettre sur son CV des contacts qui peuvent être appelés. Cela peut-être des anciens camarades de promo, des anciens collègues (avec ou sans rapport hiérarchique), ou encore des gens avec qui on a travaillé mais qui étaient eux-mêmes dans d’autres entreprises à ce moment-là.

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