La compassion au travail

Je suis récemment tombé sur l’émission Brain Games, et l’expérience que j’ai vue m’a semblé intéressante à partager. L’épisode tournait autour de la compassion.

L’expérience se déroulait en trois parties.

Première partie

La première partie avait pour but de définir si les êtres humains sont compatissants de nature.

Des candidats sont conviés un à un dans une pièce. Une fois assis, le candidat peut voir une autre personne assise dans la pièce d’à côté, à travers une glace sans tain. Un scientifique lui explique d’un ton neutre (c’est-à-dire froid, factuel, «scientifique» ; c’est important pour la suite) que la personne en face recevra une somme d’argent s’il peut manger un bol de soupe en entier. Le bol de soupe en question est posé devant le candidat, qui doit y ajouter une sauce ; il a devant lui trois flacons de sauce, étiquetés « doux », « moyen » et « mortel ».

Sur un échantillon assez large pour être représentatif, la grande majorité des candidats choisissent la sauce douce. Par défaut, ils font preuve de sympathie et d’empathie pour la personne qu’ils ont en face d’eux, et même si cette personne ne peut pas les voir à travers le miroir, ils n’ont pas de raison de lui faire un coup vache.

Deuxième partie

La seconde partie cherchait à définir comment la compassion peut disparaître.

En arrivant à l’accueil du lieu où se déroule le test, le candidat se fait bousculer par une personne qui parle dans son téléphone portable et qui l’invective au lieu de s’excuser. Évidemment, c’est cette même personne qui se retrouve de l’autre côté du miroir sans tain. Le scientifique explique de nouveau les règles de l’expérience de manière neutre (exactement comme précédemment, c’est important vous verrez).

Cette fois-ci, la plupart des candidats choisissent la sauce « mortelle » (voire la sauce moyennement épicée dans quelques rares cas), en ayant d’ailleurs la main plutôt lourde. Réaction assez évidente : Tu n’as pas été sympa avec moi, je vais te le faire payer ; d’autant plus que tu ne me vois pas, je n’ai pas à craindre la moindre conséquence de mon acte.

Troisième partie

La troisième partie de l’expérience était là pour savoir s’il était possible de générer de la compassion chez un être humain.

La situation reprend les bases de la deuxième partie : Le candidat arrive et se fait bousculer par une personne qui s’en prend à elle au lieu de s’excuser. Puis il entre dans la salle de test, d’où il peut voir cette même personne assise de l’autre côté d’un miroir sans tain.

Sauf que cette fois, le scientifique accueille le candidat d’une manière complètement différente : Pour commencer, il est souriant au lieu d’être impassible. Il salue le candidat, lui demande s’il va bien, le remercie de participer au test, lui demande s’il n’a pas eu de problème pour venir, s’il veut un verre d’eau. Puis il lui explique les conditions du test, là encore d’un manière plus affable que les fois précédentes.

Et dans ces conditions, la plupart des candidats choisissaient la sauce moyennement épicée (certains faisant même des mélanges entre cette sauce et la sauce douce).

Conclusion

Qu’est-ce que nous apprend cette expérience ?
Tu simplement que la manière dont on interagit avec les gens a une influence importante sur la manière dont ces personnes vont elles-mêmes interagir avec d’autres personnes. Qu’en apportant du positif dans la vie de quelqu’un, on aidera cette personne à évacuer le négatif qu’elle vit par ailleurs, ce qui l’incitera à son tour à propager du positif (ou au moins diminuera fortement sa propension à propager du négatif autour d’elle).

Si on décortique un peu les choses, on voit qu’il ne s’agit pas simplement de compassion ; je parlerais plutôt de bienveillance les uns par rapport aux autres. Oui, l’expérience montre que les êtres humains sont bienveillants par nature ; nous ne cherchons pas à réduire le bonheur des autres sans raison (sauf chez quelques sociopathes). Que nous sommes rancuniers et aimons nous venger (d’autant plus quand l’anonymat nous protège) lorsque nous subissons des injustices. Mais cela montre surtout que la bienveillance est quelque chose qui se transmet.

La vie en entreprise est par nature anxiogène et propice à générer du stress. Chacun de nous doit faire face à ses propres problèmes, et il est souvent difficile de trouver le temps et l’énergie pour aider nos collègues à affronter les leurs. Mais tout devient plus facile une fois qu’on a compris qu’il suffit de peu de chose − être un minimum attentionné et montrer juste un peu d’empathie − pour que les gens autour de nous soient plus sereins face aux obstacles qu’ils rencontrent.

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