De geek à directeur technique

Le blog d'un geek devenu directeur technique

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Tag - curriculum vitae

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dimanche 13 juin 2010

Attention aux mercenaires

Vendredi dernier, j'ai fait passer un entretien d'embauche. J'en fait passer régulièrement, c'est une activité chronophage mais malheureusement nécessaire.

Là, je recevais un jeune homme qui avait un profil autodidacte, chose qui ne me dérange pas outre mesure tant que les connaissances, les capacités et la motivation sont là. Malheureusement pour lui, il a lamentablement échoué à un petit test technique de rien du tout, qui me sert habituellement de «filtre passe-bas». Comme je cherche un développeur expérimenté, c'était évidemment rédhibitoire.

Quand je fais passer un entretien − à plus forte raison quand je m'apprête à l'écourter − je prends le temps de donner un feed-back au candidat. Je peux lui donner quelques trucs dont je parle sur ce blog, concernant le CV ou l'entretien lui-même, ou lui donner quelques pistes dans sa recherche. On ne se refait pas.

Là, le jeune homme avait sur son CV un parcours particulier : une première expérience d'un an en contrat pro, puis une autre expérience d'un an, puis enfin son poste actuel qu'il occupait depuis moins de 2 ans. Quand je vois ce genre de chose, je demande toujours au candidat de m'expliquer. Jusqu'ici, j'avais toujours eu des réponses satisfaisantes ; on m'expliquait que le poste était moins intéressant que prévu, ou que que l'entreprise n'offrait aucune perspective d'évolution, ou encore que les attentes de l'entreprise étaient trop élevées et que le candidat s'était mis à la recherche d'un poste lui permettant de développer son expérience.
Bref, dans tous les cas, les personnes en face de moi ont toujours tenté de m'expliquer qu'il s'agissait d'erreurs de parcours ponctuelles.

Bizarrement, ce candidat a réagi tout autrement. Il m'a dit que le turn-over est un fait en informatique, que les développeurs restent entre 6 mois et 1 an et demi dans leurs entreprises, qu'il est normal de vouloir changer d'air régulièrement. Quand je lui ai dit que les entreprises cherchent des employés pour les garder longtemps, il m'a dit qu'il n'était pas d'accord (sic) et qu'aucun autre recruteur ne lui avait jamais posé ces questions ni fait ces remarques.
(Je lui ai demandé si les autres recruteurs qu'il avait rencontré l'avaient rappelé, il m'a dit que non. Étonnant, hein ?)

Où est le problème ?

En fait, il faut se rendre compte que lorsqu'une entreprise embauche une personne, c'est dans l'idée d'investir dessus. Investir en prenant le temps de la former, ce qui génère des coûts par son salaire alors qu'elle n'est pas productive, mais aussi par le manque à gagner sur le salaire des personnes qui la forment et qui ne sont donc pas productives non plus durant cette période. Investir en comptant qu'il lui faudra une certaine période d'adaptation au métier de l'entreprise, à ses outils, à ses procédures.

Le retour sur investissement prend plusieurs formes. La première, c'est le travail effectif que cette personne va fournir par la suite. Plus elle sera autonome, plus le retour sur investissement sera important.
Ensuite, par son implication et sa créativité, cette personne peut amener des idées fondamentales qui peuvent avoir des impacts déterminants sur l'organisation (tant fonctionnelle que technique) de l'entreprise.
Il y a aussi la propre expérience que possède cette personne, et qu'elle partagera avec ses collègues. Si cette personne conduit une veille technologique efficace, cet aspect peut devenir relativement important.

Dans tous les cas, le retour sur investissement se fait dans la durée. On n'embauche pas un informaticien en se disant qu'il sera parti ailleurs dans un an et demi. Il faut être totalement hermétique aux réalités du monde de l'entreprise pour croire cela.
Au contraire, la plupart des entreprises cherchent à recruter des personnes qui pourront s'épanouir sur le long terme, qui donneront le meilleur d'elles-mêmes, qui pourront «grimper les échelons» au fur et à mesure que l'entreprise se développe.

Lorsque les entreprises cherchent des mercenaires, elles se tournent vers des sociétés de service ou des développeurs free-lance. Dans ces cas-là, elles payent des compétences pointues dont elles ont besoin pendant une durée convenue. Mais c'est alors une situation particulière, gérée comme telle, qui comporte ses avantages et ses inconvénients. Il y a une grande différence entre se payer les services d'un mercenaire professionnel compétent, et former un informaticien qui mettra sa formation en œuvre dans d'autres entreprises.

Pour les recruteurs

Habituellement, les candidats sont assez intelligents pour ne pas réagir comme le candidat dont je vous parle. Même ceux qui aiment bien faire «grimper les enchères» trouvent toujours une manière positive d'expliquer leur parcours. Ils sentent bien qu'il serait néfaste pour eux de se présenter comme des danseuses sur qui on ne peut pas compter plus de quelques mois.

Mais il faut être vigilant. Essayez de lire entre les lignes pour comprendre les réelles motivations du candidat. S'il semble être intéressé par le salaire de manière exagérée par rapport aux autres aspects (intérêt du poste, ambiance de travail, formation continue, proximité géographique, ...), cela doit vous mettre la puce à l'oreille.

Pour les candidats

La première chose à intégrer est que le turn-over des employés n'est pas plus normal en informatique que dans d'autres secteurs. C'est même plutôt l'inverse : les salaires sont assez élevés (par rapport à d'autres branches qui réclament autant d'années d'études) et on ne peut pas vraiment parler de pénibilité du travail.

Essayez de comprendre qu'il est dans votre intérêt et celui de votre carrière de trouver un poste dans lequel vous allez pouvoir apprendre des choses, où vous allez pouvoir faire fructifier cet apprentissage, mais aussi un poste où vous allez pouvoir vous exprimer, faire la différence, gagner des responsabilités.

J'ai déjà croisé des jeunes disant qu'ils pensaient passer deux ou trois ans dans telle ou telle entreprise, pour «avoir un nom à mettre sur le CV» ou parce que le salaire y était vraiment intéressant. Mais sans jamais regarder l'intérêt intellectuel du travail en question, ni les perspectives d'évolution. Et à chaque fois, ils se sont retrouvés au bout de 6 mois à chercher un autre boulot, plus humain, plus intéressant ou mieux encadré ; ou bien ils passaient 2 ans à déprimer.
Ce n'est pas une situation enviable.

dimanche 4 avril 2010

CV et photo

Je donnais récemment des conseils à des étudiants en première année d'école d'ingénieur, au sujet de leurs CV. Ces étudiants étaient en recherche de leur premier stage professionnel en informatique.

J'ai toujours dit qu'il ne faut pas mettre de photo sur les CV qu'on envoie aux entreprises. La raison est simple. Quand on rédige un CV, il faut minimiser tout ce qui pourrait amener un recruteur à le mettre à la poubelle.

Ainsi, il faut utiliser une mise-en-page claire et lisible, s'assurer que les informations sont rapidement identifiables, qu'on met en avant nos connaissances et notre expérience. Parce que si le recruteur ne trouve pas rapidement les informations qu'il espère y trouver, il va vite passer au curriculum suivant.

Peut-être que le recruteur n'aime pas les blonds, ou il vous trouve mal habillé sur votre photo, ou a envie de rire en voyant votre sourire crispé. Bref, votre tête peut ne pas lui revenir.
Alors pourquoi lui donner des raisons (même mauvaises) pour écarter votre CV dès la première passe ?

Votre but est qu'il y consacre assez de temps pour qu'il se rende compte que vous avez de vraies compétences à faire valoir. Évidemment, vous risquez de vous heurter à ce "délit de sale gueule" lorsque vous passerez en entretien. Mais vous aurez alors franchi les premiers obstacles, et vous pourrez exposer vos qualités par vous-même. Vous ne subirez pas de préjugé sans pouvoir vous défendre en personne (c'est ce qui arrive quand on met sa photo sur son CV).

Par contre, je dis aussi tout le temps qu'il faut aller en entretien en apportant plusieurs copies imprimées de son CV. Premièrement par politesse, c'est à vous de prendre le temps de l'imprimer, pas le recruteur qui en reçoit plusieurs dizaines par jour. Ensuite parce que votre CV doit vous servir de support à votre discours ; suivez-le pour être certain de ne pas oublier d'expérience ou de technologies.

Et donc, cet exemplaire que vous donnez au recruteur, il peut être intéressant d'y mettre votre photo.
Parce qu'au moment où il repassera en revue tous les candidats qu'il a reçu en entretien, il peut ne pas se souvenir de tous les détails de certaines entrevues vieilles de quelques jours ou semaines. Et dans ce cas, il vaut mieux apporter des indices supplémentaires qui l'aideront à se souvenir.

Si, en voyant le CV, le recruteur se dit "Ah oui, c'est le gars avec qui je m'étais bien entendu" ou "C'est vrai, c'est celle qui avait déjà bossé sur la techno XYZ !", vous avez tout bon.

Pensez quand même à choisir une photo de bonne qualité, sur laquelle vous apparaissez à votre avantage, bien habillé tout en restant relax.

mardi 10 mars 2009

Les erreurs à ne pas faire en entretien

Je vais réagir un peu à chaud, suite à quelques entretiens catastrophiques que j'ai fait passer dernièrement. Je vous ai déjà parlé des entretiens d'embauche, mais là je vais être très directif, presque lapidaire.

Soyez ponctuel

L'entretien d'embauche, c'est LE moment où il faut séduire le recruteur. Si vous êtes en retard le jour où vous devriez être au top, à quoi s'attendre au bout du quatrième mois de boulot sur un projet difficile ? Vous arriverez tous les jours après 11 heures du matin ?

Prenez soin de noter les coordonnées téléphoniques que vous pourrez appeler en cas de problème.

Apportez plusieurs copies de votre C.V.

Si vous arrivez les mains dans les poches, qu'est-ce que ça peut donner comme indice quant à votre envie de décrocher le poste ?

Par pitié, au moment où on vous demande "Vous avez une copie de votre C.V. ?", ne répondez surtout pas "Il est disponible sur Internet, vous pouvez l'imprimer" ! Cela revient à dire que c'est au recruteur de prendre le temps que vous n'avez pas voulu prendre vous-même.

Le plus "amusant", c'est que bien souvent le gros problème n'est pas pour le recruteur, mais pour le pauvre candidat qui se retrouve à tenter de présenter son parcours sans le support de son curriculum.

Connaissez-vous vous-même

En tant que candidat, vous devez fournir à votre interlocuteur des raisons de vouloir vous embaucher. Pour cela, vous allez lui parler de vos études et des entreprises où vous avez travaillé, mais ça ne l'intéressera pas. Ce qu'il veut, c'est que vous lui expliquiez en détail ce que vous savez faire, ce que vous avez fait, et ce que vous avez envie de faire.

Détaillez le travail que vous avez réalisé durant vos précédentes expériences professionnelles et/ou vos projets d'étude. Expliquez les problèmes que vous avez rencontrés, les solutions que vous avez appliquées, ce que vous avez appris. Dites si vous avez travaillé tout seul ou au sein d'une équipe, et alors expliquez votre rôle.

Il y a 2 situations qui sont difficilement supportables :

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vendredi 13 février 2009

Managing Humans

Je vais vous parler un peu d'un très bon livre, nommé Managing Humans, écrit par Michael Lopp et publié par Apress en 2007. Depuis 2002, il tient sous le pseudonyme de Rands le blog Rands in repose, dans lequel il parle de ses expériences en tant que manager d'équipes techniques. Et il en a des choses à dire, le bougre, après avoir travaillé pour Symantec et Netscape, entre autres.

Managing Humans - couverture

Le sous-titre du livre est assez explicite : "Biting and humorous tales of a software engineering manager". Le livre est truffé d'anecdotes amusantes, de mises en situation réelles ou imaginaires, qui en font un ouvrage à part dans l'univers très fourni des livres dédiés à la gestion de projet et au management.
Personnellement, j'ai une affection particulière pour ce livre. Je l'ai acheté à sa sortie en 2007, alors que j'étais en train de créer mon entreprise. Je n'y ai pas trouvé de recette miracle, mais plein d'exemples de choses à faire ou ne pas faire ; je pense avoir évité plusieurs pièges dans la création de mon équipe grâce à ce livre.

Ne pas être un con

Le premier chapitre du livre se nomme "Don't be a prick". L'ensemble des 209 pages pourrait être résumé dans cette simple phrase. Ça paraît débile tellement c'est simple. Mais au cours de ma carrière, j'ai franchement rencontré tellement de personnes qui agissaient comme des gros cons, que ça mérite d'être souligné. Que ce soit par bêtise, inexpérience, indélicatesse, fainéantise, vanité ou parce qu'ils n'avaient rien à faire à ce poste, il est sidérant de voir combien de dirigeants sont inaptes à gérer les hommes et les femmes qui composent leurs équipes.

Le carquois du management

Rands utilise une métaphore assez intéressante. Il dit que nos compétences en management sont comme des flèches dans un carquois. Quand on rencontre un problème, on peut prendre la flèche appropriée, prendre un peu de recul, viser et tirer. C'est le titre qu'il a donné à la première partie du livre.

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jeudi 29 janvier 2009

CV, entretien... embauche ?

Reprenons depuis le début. Vous cherchez votre premier emploi, une meilleure place que celle que vous avez actuellement, ou bien vous ambitionnez un changement de poste plus radical. Vous avez choisi le type d'entreprise qui vous intéresse. À partir de là, les étapes sont assez évidentes.

  • Refaites votre CV.
  • Cherchez les entreprises qui correspondent à vos critères, par leur taille, leur secteur d'activité, les technologies employées, les postes disponibles. Sélectionnez les 2 ou 3 entreprises qui vous intéressent réellement, ainsi que 2 ou 3 autres seconds choix.
  • Envoyez vos CV à ces entreprises, en commençant par les seconds choix. L'idée est d'obtenir d'abord des entretiens dans une ou deux de ces entreprises, pour pouvoir s'entraîner avant de passer les entretiens qui vous intéressent réellement.

Concernant votre CV, je vous incite à lire mon billet consacré à ce sujet.

Les entretiens

Comme je le disais précédemment, essayez de passer au moins un ou deux entretiens dans des entreprises de second choix, avant de passer devant les recruteurs qui vous intéressent réellement. Passer des entretiens, c'est un peu comme une compétition sportive, il vaut mieux s'entraîner avant.

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