Réflexions sur la création d’entreprise

Je vous en parlais récemment, j’ai participé la semaine dernière à une table ronde consacrée à la création d’entreprise. Les échanges étaient très intéressants, et cela m’a donné envie de vous résumer quelques idées sur le sujet.

Profiter de la jeunesse

Peut-être êtes-vous étudiant, ou fraîchement diplômé. Vous vous sentez l’âme d’un entrepreneur, mais vous avez peur de vous lancer dans une aventure un peu trop difficile, peur de vous rater. C’est assez logique de penser cela. On peut penser que plusieurs années de pratique sont nécessaires pour démarrer une entreprise, et que les risques augmentent de manière inconsidérée quand on crée une entreprise alors qu’on ne possède aucune expérience.

Mais en fait, c’est (presque) le contraire. L’élément le plus important, c’est que vous n’avez rien à perdre. Ceux qui ont créé une entreprise pendant leurs études (ou juste à la sortie de l’école) ne regrettent pas de l’avoir fait à ce moment-là, même lorsque cette entreprise a coulé rapidement. En gardant un mode de vie estudiantin, on n’a pas de gros besoins financiers. On n’a souvent pas encore de responsabilités familiales.

Au final, les risques pourraient difficilement être plus faibles. Dans le pire des cas, vous perdrez l’argent investi dans l’entreprise, qui peut être limité au minimum (voir plus bas). Réfléchissez bien : vous voulez créer une entreprise ; est-ce que ce sera plus facile quand vous aurez un prêt immobilier sur le dos et une famille à nourrir ?

Pas besoin de fonds

Les questions posées pendant la table ronde revenaient régulièrement sur le sujet des fonds nécessaires pour démarrer une activité. Et tous les créateurs d’entreprise présents étaient d’accord pour dire qu’il s’agit d’un faux problème.

Devoir composer avec des moyens limités impose d’être créatif et pragmatique. Il est important de garder à l’esprit que le but d’une entreprise est de générer des bénéfices, et lorsque l’on possède trop d’argent en banque on a le risque de vouloir créer pour la beauté du geste et non pour la finalité du business. C’est ce qui est arrivé à beaucoup de start-ups au début des années 2000. En ayant des ressources faibles, vous serez sûr de vous concentrer sur l’essentiel.

Si vous lancez une activité de service, vous avez même la possibilité de financer la création de l’entreprise grâce aux contrats que vous aurez signés avant même de démarrer concrètement. Cela peut se faire assez facilement si vous avez travaillé en « free-lance » pendant vos études : vous avez commencé à vous composer un carnet d’adresses et un réseau de connaissances qui vous permettront de trouver les quelques contrats nécessaires. La création de votre entreprise devra juste être effectivement le jour où vous facturerez vos clients.

Si vous lancez une activité de développement (logiciel ou web, par exemple), il y a toujours moyen de profiter de votre créativité pour privilégier les fonctionnalités simples qui seront utiles à vos clients, et ainsi proposer rapidement un outil qui génèrera du chiffre d’affaires. Cela rejoint les idées fondamentales de la méthode Getting Real.

Ne partez pas seul

Un autre sujet sur lequel nous étions tous d’accord, c’est le fait de ne pas créer une entreprise tout seul. La solution du binôme semble être très efficace, pour plusieurs raisons.

Pour commencer, plusieurs cerveaux sont plus créatifs qu’un seul. À deux, on peut échanger des idées, « brainstormer », évaluer plusieurs possibilités, peser les pour et les contres. Quand on est seul, on a vite fait de connaître les affres de l’incertitude et la crainte de ne pas choisir la meilleure direction.

De plus, nous avons tous des hauts et des bas. Dans des moments de doute, il est bon de pouvoir compter sur quelqu’un d’autre pour vous remettre en selle. Plutôt que de se freiner l’un-l’autre, chacun joue le rôle de locomotive qui permet de garder un rythme de travail élevé.

Néanmoins, il a été évoqué le fait qu’il reste nécessaire qu’une personne soit désignée « chef », afin d’éviter les situations de blocage. En cas de désaccord, il faut pouvoir s’en sortir, et pour cela il faut que quelqu’un puisse imposer le choix final.

Ne créez pas une structure bancale

Nous avons eu des questions sur l’utilité d’utiliser une structure « alternative » pour démarrer une activité, comme une association ou un statut d’auto-entrepreneur. Si votre but est de créer une entreprise, oubliez tout de suite ce genre d’idée. Créer une boîte est désormais quelque chose de facile et peu onéreux. Partir sur de mauvaises bases n’est pas un gage de pérennité.

Les associations sont parfaites pour monter des projets à but non lucratif. Réservez cela à vos développements open-source ou à vos loisirs.
Le statut d’auto-entrepreneur s’adapte très bien aux personnes qui veulent exercer une activité d’indépendant. Je connais plusieurs développeurs free-lance qui sont très heureux de travailler ainsi.

Mais créer une entreprise, c’est choisir une voie différente. Cela veut dire avoir des ambitions plus élevées, qui imposent de monter une équipe et de développer son business. Cela implique de prendre des risques, mais c’est aussi à cela que vos futurs clients vous jugeront pour vous faire confiance.

Edit : micro-startup

J’ai écrit un article consacré aux micro-startups. Les concepts qui y sont développés sont très intéressants, et restent valables lors de la création d’une entreprise, quelle qu’elle soit ; c’est juste une question d’échelle.

5 réponses sur “Réflexions sur la création d’entreprise”

  1. De geek, on peut aussi créer sa boite, mais il faut bien faire attention à s’entourer des compétences qui nous font défaut…le commercial par exemple, ou l’administratif…

  2. Oui, c’est vrai. L’idéal est de trouver une personne qui nous est complémentaire. J’ai eu cette chance, et c’est d’une efficacité redoutable.

    Mais il ne faut pas non plus sous-estimer nos capacités d’apprentissage. J’ai vu plusieurs exemples de binômes geeks, qui ont appris ensemble à passer à travers les écueils administratifs et à prendre en main les aspects commerciaux et marketing.

  3. Entreprendre en france est complexe, il faut savoir bien s’entourer et prévoir un financement de départ qui répond au besoin définit par un business plan.
    Ce qu’il faut savoir dans une petite structure, 50% du temps est consacré à l’administratif et beaucoup de papiers et contrats à signer sans parler du cabinet comptable qui devient indispensable à partir d’un certain volume d’écritures.

  4. Bonjour,

    Je suis très intéressé par votre blog car je suis en train de suivre le même parcours que vous. Actuellement avec mes associés nous sommes en train de travailler sur une levée de fond pour concrétiser notre projet. Nous avons commencé à financer le lot 1 sur nos fonds propres. Dans notre pacte d’actionnariat je représente l’entité informatique. Ayant une formation très technique mais avec beaucoup d’expérience je suis capable d’avoir une assez bonne vision de ce que je souhaite mettre en place au seins de l’équipe technique mais j’aimerai profiter de votre expérience car j’ai l’impression que nous avons la même trajectoire.
    Merci pour tout l’aide que vous pourrez m’apporter.

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