Faire des choix

Une idée assez connue, mais tellement importante :
« Il faut faire des choix à la place de l’utilisateur. »

J’en ai eu encore récemment un exemple, en travaillant sur la refonte d’une page d’un site Web. La page en question présente un certain nombre d’informations, dont des contenus écrits par les visiteurs du site. La question qu’on se posait était de savoir comment présenter ces contenus : valait-il mieux afficher les plus récents en premier, ou les mieux notés, ou ceux dont le créateur a un statut privilégié sur le site ?

Quelqu’un dans l’entreprise a proposé “Nos goûts ne sont pas forcément ceux des internautes. Ne faisons pas de choix, donnons-leur les options pour qu’ils choisissent eux-mêmes.” L’idée est séduisante et facile. S’il semble trop complexe de choisir entre différentes options, laissons les utilisateurs se débrouiller, ils y arriveront mieux que nous.

Mais non, ça ne fonctionne pas. D’abord parce que 95% des visiteurs (si ce n’est pas plus) ne prendront pas la peine de changer l’affichage par défaut. Donc il faut de toute manière peaufiner cet affichage par défaut.
Je ne dis pas qu’il ne faut pas proposer d’options, accessibles via un menu par exemple. Mais même ainsi, il ne faut pas lister tous les choix possibles, juste parce qu’on peut le faire. Il faut se limiter aux options utiles.
L’idéal reste dans tout les cas de réussir à trouver LE bon équilibre, qui remplira à 100% le besoin de la majorité des utilisateurs. Ce n’est pas grave si moins 5% de vos visiteurs sont satisfaits à seulement 80%.

Prenons deux exemples :

  • Est-ce que le site Digg aurait autant d’intérêt si l’écran d’accueil offrait un simple affichage par date ou par note ? Évidemment que non ! Ce qui rend Digg utile, c’est son algorithme de recommandation.
  • Le logiciel Picasa de Google offre des options de traitement des images, comme la plupart des logiciels de ce type. Mais il propose une option « J’ai de la chance » qui tente de faire les choix les plus judicieux. Et la plupart du temps, ça marche !

Alors faites des choix, guidez vos utilisateurs vers la meilleure solution. Qui mieux que vous, expert du sujet, peut faire ces choix ? Quand vous proposez des options ou des outils supplémentaires, n’ajoutez pas toutes les fonctionnalités que vous pouvez imaginer. Attachez-vous à proposer les bonnes.

7 réponses sur “Faire des choix”

  1. ‘D’abord parce que 95% des visiteurs (si ce n’est pas plus) ne prendront pas la peine de changer l’affichage par défaut. ‘

    Cette stat sort d’ou ?

    Parcque j’ai également l’habitude de sortir des stats bidon pr appuyer mon point. Si cette stat est erronnée, tte ta réflexion s’éffondre.

  2. Arf, le chiffre en lui-même est évidemment sorti de nul part. Le point reste que la majorité des visiteurs d’un site web s’en tiennent aux informations affichées par défaut. C’est juste une question de bon sens. Il faut s’assurer que cet affichage par défaut est au top, pas que c’est juste un pis-aller en espérant que les utilisateurs fasse l’effort de choix qu’on n’est pas capable de faire à leur place.

  3. Tout dépend aussi du public visé.
    Sur le site auquel tu fais allusion (Amaury), je suis entièrement d’accord. A mon avis, c’est du quasi 100%.

    En revanche, avec des applications spécifiques orientés vers des utilisateurs cherchant une certaine maîtrise du résultat, le ratio va sensiblement s’inverser.

  4. Même si je suis instinctivement d’accord avec ton propos, je pense qu’il faut se méfier des pourcentages en l’air et du fameux « bon sens ».

    Combien de théorie issue du « bon sens » ont été démontée par l’analyse scientifique ?

    Ceci étant dit je pense effectivement qu’il faut optimiser au maximum l’affichage initial d’une page, ne serait-ce que pour éviter du « travail » supplémentaire à l’internaute… Ce qui est quand même la base de l’ergonomie web !

  5. Oui, bien sûr. Mais même ainsi, tu ne peux pas te permettre d’offrir un affichage par défaut qui ne soit pas un tant soit peu recherché.

    Prenons l’exemple d’un CRM ou d’un ERP. Ce sont des interfaces assez « lourdes » à utiliser, qui permettent de faire des recherches complexes. Même si la plupart du temps les utilisateurs vont utiliser les fonctions de tris paramétrables, ces outils proposent systématiquement un écran de type « tableau de bord », qui tente de regrouper les informations les plus directement utiles à l’utilisateur. Et il est très important de proposer ce tableau de bord et de s’assurer qu’il offre la meilleure ergonomie possible.

    Même sur des logiciels plus ludiques, comme iTunes, vous avez beau avoir plusieurs modes de visualisation, tous très beaux et très recherchés, l’affichage par défaut est pensé pour satisfaire un maximum d’utilisateurs.

    C’est d’ailleurs un des principes fondateurs d’Apple, qui leur a permis d’offrir les interfaces graphiques les plus belles : Faire des choix éclairés, les optimiser au mieux, et limiter les options proposées aux utilisateurs.

  6. Décidément je sens que je vais dévorer tous les articles de ce blog !

    Tu dis « Qui mieux que vous, expert du sujet, peut faire ces choix ? »

    Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation… Pour moi les utilisateurs sont les mieux placé pour faire des choix, surtout pas une personne seule et surtout quand des outils simples sont à notre disposition pour obtenir l’avis des utilisateurs.

    Le web est un outil fantastique pour laisser ses utilisateurs guider les choix à faire. En utilisant l’A/B Testing, on peut facilement et rapidement obtenir une réponse à la question « Est-ce l’affichage par défaut et mieux que l’affichage avec options » sans même avoir à poser la question directement, il suffit de présenter les 2 interfaces et laisser les statistiques parler.

    Donc à mon sens, l’expert est le mieux placé pour émettre des hypothèses mais en aucun cas pour faire un choix parmi ces hypothèses (dans la mesure bien sûr où ce choix impactera un ensemble d’utilisateurs dont on peut obtenir le retour)

  7. Réflexion intéressante…

    Il n’empêche que, même dans le cadre d’un A/B testing, on ne doit pas proposer des choix « ouverts » aux utilisateurs. Ce type de test permet − par exemple − de définir l’affichage par défaut qui convient au maximum d’utilisateurs. Mais il faut quand même proposer des choix raisonnés lors du test.
    Faire un test d’utilisation en proposant un long menu plein de possibilités, avec des options de tri complexes, n’aboutira pas à grand chose.

    Effectuer des tests d’ergonomie fait partie du travail d’expertise, à mon sens. C’est la version finale, celle qui est visible par les vrais utilisateurs, qui doit être simplifiée et proposer des fonctionnalités étudiées.

    Si on prend l’exemple d’un outil comme un CRM ou un ERP, il est évidemment important d’avoir des paramétrages permettant d’adapter l’outil aux besoins. Mais il faut quand même que l’ergonomie « out of the box » soit bien pensée pour satisfaire le plus grand nombre. Si on se dit «bah, les utilisateurs n’auront qu’à paramétrer comme ils le veulent», on risque surtout de voir les utilisateurs changer d’outil.

    L’exemple de Digg est encore plus flagrant. Ils ont sûrement passé beaucoup de temps à peaufiner leur algorithme, en le confrontant à des tests utilisateurs, avant de le mettre en ligne. Et ils doivent sûrement l’améliorer au fil du temps.
    Mais ils n’auraient pas eu le même succès s’ils s’étaient contentés de proposer une liste de liens, en laissant aux visiteurs le choix de trier par date, par votes, par pertinence, etc.

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