Citation : «Vendredi 17h, ça veut dire lundi»

Vendredi matin, un de mes collègues est venu me voir pour qu’on planifie une petite réunion de travail plus tard dans la journée. Si vous avez lu mon billet sur le harcèlement positif, vous savez déjà comment je travaille : Lorsque quelqu’un a besoin de moi pour accomplir une tâche urgente, j’impose à cette personne de rester avec moi pendant que je m’en occupe, même si elle ne fait que me regarder. Par contre, lorsqu’une tâche « externe » (comprendre : qui n’est pas une de mes tâches) n’est pas urgente, j’ai un peu tendance à la repousser jusqu’à ce qu’elle devienne plus importante que mes projets en cours − parce que sinon je ne fais que traiter les problèmes des autres, jamais les miens (et vous pouvez imaginer qu’on me confie des problèmes assez importants).

Donc là, sans réfléchir, j’ai eu le mauvais réflexe de lui proposer de venir me voir à 17h00. Et il m’a répondu très intelligemment : «Vendredi 17h, ça veut dire lundi»

Son point de vue est assez juste. Connaissant les risques de voir des choses urgentes surgir du néant le vendredi soir, qu’on est obligé de régler avant de partir en week-end (loi de Murphy, quand tu nous tiens…), placer une réunion de travail à cet horaire n’était pas très judicieux.

En plus, si ça n’allait pas être traité ce vendredi soir, cela n’aurait pas été le cas non plus le lundi matin (à cause des divers réunions hebdomadaires). Donc lundi après-midi ? Wow, ça commence à faire un gros décalage.

La solution ? On a placé la réunion à 16h30. Les urgences du moment nous ont fait commencer à 16h40, et tout s’est bien passé.

De manière plus générale, il faut toujours envisager le pire. Je reparlerai sûrement de ce sujet dans un autre billet, parce que c’est important. Mais prenons un autre exemple : comme beaucoup d’entreprises, nous ne faisons jamais de mises en production le vendredi. Le risque est trop grand qu’une évolution introduise un bug qui ne soit pas visible immédiatement, ou qu’un « retour-arrière » soit très délicat. Se donner au moins une journée de tampon est une bonne pratique.

Pour tout dire, dans les premiers mois de mon entreprise, nous nous sommes permis quelques fois de passer en production des développements le vendredi, un peu «à l’arrache». À chaque fois, nous pensions que le risque était limité, parce qu’il s’agissait d’évolutions mineures, qui touchaient une partie bien définie du code. Et pourtant, la première version était quasi-systématiquement bugguée − rien de vraiment grave, mais suffisamment pour imposer une révision correctrice.
À bien y réfléchir, on a quand même connu une ou deux sueurs froides à cause de ces mises en production mal maîtrisées et mal planifiées.

«Rien de sert de courir, il faut partir à point.» Dans certains cas, il vaut mieux devancer la planification pour réduire les risques. Et quand ce n’est pas possible, il ne faut pas hésiter à reporter. Mais dans tous les cas, il faut penser avec sa tête, pas avec sa montre.

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