Coûts fixes et coûts variables

Quand on crée une entreprise (ou qu’on dirige une business unit au sein d’une grande boîte),  il est important de comprendre la différence entre les coûts fixes et les coûts variables.

Définition

Pour faire simple, une entreprise a toujours un certain nombre de frais à payer, dans le cadre de son fonctionnement : les salaires, les impôts et taxes, les machines et les logiciels, …

Les coûts variables représentent les dépenses qui augmentent au fur et à mesure que le chiffre d’affaire de l’entreprise augmente.
Les coûts fixes sont constitués par les dépenses incompressibles, qui restent les mêmes quel que soit le chiffre d’affaire.

Version courte : Les coûts fixes, c’est bien ; les coûts variables, c’est pas bien.
(on va voir ensuite que ce n’est pas si simple)

On peut facilement trouver des exemples de coûts variables :

  • Une SSII ne génère du chiffre d’affaire qu’en plaçant des hommes. Ainsi, pour augmenter le chiffre d’affaire, il faut recruter ; toute augmentation de chiffre d’affaire est donc liée à une augmentation des dépenses.
  • Une entreprise comme Groupon possède une armée de commerciaux, qui démarchent les commerces. Pour augmenter le chiffre d’affaire, il faut voir plus de commerces, donc embaucher plus de commerciaux.
  • Un hébergeur doit faire évoluer son parc matériel et son infra-structure réseau au fur et à mesure que le nombre de ses clients augmente. Plus de chiffre d’affaire veut dire plus de clients ; plus de clients implique des investissements techniques.

Évidemment, on se dit que ces coûts sont inhérents à chacune de ces activités. Si on démarre une entreprise dans l’un de ces secteurs, c’est qu’on est prêt à vivre avec ces coûts variables.

Scalabilité

Quitte à choisir un business, autant en choisir un qui soit scalable.

La notion de scalabilité d’un business est assez similaire à la notion de scalabilité appliquée aux plate-formes informatiques (matérielles ou logicielles) : Si mon business augmente, vais-je devoir réorganiser la structure de mes coûts ?

Il existe des exemples d’entreprises dont la quasi-totalité des dépenses sont des coûts fixes. Cela veut dire que, quelque soit le chiffre d’affaire généré, les dépenses restent constantes.
Dans le genre, j’ai en tête des entreprises comme :

  • Automattic, créateur de WordPress, qui gagne de l’argent avec de l’hébergement mutualisé de blogs. Évidemment, les frais techniques augmentent avec le nombre de clients, mais l’augmentation du nombre de clients est bien plus rapide que l’augmentation de leurs coûts.
  • Amazon, dont les frais fixes sont importants ; c’est souvent le cas dans le e-commerce, à cause des entrepôts, de la logistique, etc. Mais ensuite, il n’y a pas de surcoût pour l’entreprise à gérer des clients supplémentaires ; au contraire, chaque nouveau client rentabilise les investissements effectués.
  • La plupart des éditeurs de logiciel ont eux aussi des frais fixes importants (développement, support clients), mais avec des coûts variables particulièrement réduits. Augmenter leurs ventes n’implique pas structurellement de diminuer les marges.

Investissement

Évidemment, il faut parfois choisir entre des coûts fixes à court terme versus des coûts variables à long terme. On en arrive à la notion d’investissement. Et là encore, on peut faire un parallèle avec les plate-formes informatiques : Vaut-il mieux se baser sur du cloud computing et payer (cher) en fonction du besoin, ou investir dans des serveurs sur-dimensionnés qu’on espère rentabiliser rapidement ?

Il n’y a pas de réponse toute faite à cette question. Tout dépend de l’activité et de la dépense en question.
Il peut être très dangereux de privilégier les frais fixes au point de mener des investissements trop importants, trop tôt.

Une approche intéressante est d’optimiser les deux. Privilégier les coûts variables au démarrage d’une activité permet de réduire les risques, de ne pas s’engager sur le long terme, d’éviter des investissements sub-optimaux. Par la suite, réintégrer certains postes de dépenses en les transformant en coûts fixes permet de diminuer leurs coûts.

Mais cette approche est limitée ; les dépenses qui peuvent jouer les vases communicants de cette manière sont souvent à la marge. Les dépenses structurelles d’une entreprise peuvent rarement « migrer » de l’un à l’autre.

Conclusion

Le but de cet article est juste de faire germer une réflexion dans la tête des créateurs d’entreprise. Il faut comprendre ces notions de coûts fixes et variables, pour éviter les déconvenues.

Les meilleurs business sont ceux qui n’ont ni frais fixes, ni frais variables. Mais ça, ça n’existe pas. Donc il faut toujours analyser la structuration de l’entreprise, pour en optimiser les dépenses.

2 réponses sur “Coûts fixes et coûts variables”

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