Cloud Computing : Mythes et réalité

Depuis un an et demi, j’ai donné plusieurs conférences dans diverses écoles et universités. L’une de mes conférences reprend les thèmes de ce blog, l’autre s’intitule «Architecture répartie en environnement Web».

Dans cette seconde conférence, j’aborde un certain nombre de concepts, dont le Cloud Computing. Et j’ai réalisé assez vite qu’il fallait démystifier la chose. En fait, je me suis retrouvé face à deux types d’étudiants : Ceux qui n’ont aucune idée préconçue sur la question (et qui s’en font parfois une image un peu romanesque), et ceux qui s’y sont déjà frotté − souvent à l’occasion de stages dans de grosses entreprises.

Le mirage du Cloud

Ce qui m’amuse et m’énerve à la fois, c’est de voir que pas mal de personnes ont gobé le discours commercial ambiant autour du cloud. Plus particulièrement, c’est l’idée qu’une application puisse être développée avec une architecture très classique (comprendre : pensée pour s’exécuter sur un serveur unique), puis déployée sur une infrastructure limitée et peu coûteuse, et qu’en fonction des besoins cette infrastructure pourra évoluer de manière totalement transparente, il suffira juste de payer plus cher.

C’est vrai que cette idée est séduisante. Pas besoin de tout redévelopper ! Si votre trafic augmente, vous payez simplement un peu plus cher et des ressources supplémentaires vous sont allouées !

Oui, mais non.

On oublie de vous parler du coût. On oublie de vous parler des limites.

À vrai dire, il y a une différence entre le cloud «commercial» et le «vrai» cloud.

Le coût du Cloud

Je vais illustrer mon propos en me référant aux serveurs virtuels proposés par Gandi et OVH, qui sont deux entreprises françaises bien établies. Leurs offres commencent respectivement à 12 € HT et 14,99 € HT par mois, avec des caractéristiques très disparates, pour aller jusqu’à 288 € HT et 159,99 € HT par mois, là encore avec de grandes différences. J’ai décidé de les comparer aux serveurs dédiés proposés par Online sous la marque Dédibox. La comparaison est difficile, car il y a peu d’information concernant les équivalences des processeurs ; on parle de «core», mais le cœur d’un Celeron à 1 GHz est moins puissant que l’un des cœurs d’un Xeon dernière génération. On va approximer.

Si on regarde du côté de la puissance de calcul, on peut voir que le prix se tient entre OVH et Dedibox. Le prix de la puissance est élevé chez Gandi, et il augmente très vite. Les machines virtuelles d’OVH ont l’avantage de pouvoir monter assez haut en capacité, proposant une puissance avoisinant le double du serveur Dedibox le plus puissant.

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Les joies des problèmes IT

Je vais écrire un billet un peu inhabituel, aujourd’hui. Je dis souvent qu’il ne faut jamais compter sur la fiabilité des ordinateurs. C’est tellement vrai que depuis une semaine, j’enchaîne les problèmes techniques sur mes serveurs, les uns après les autres. Aucune relation entre les problèmes, ce sont juste de fâcheux concours de circonstance qui nous font perdre des dizaines de milliers d’euros de chiffre d’affaire.

Reprenons depuis le début. Les serveur de mon entreprise sont loués chez une entreprise française très connue, leader européen de l’hébergement. Nous avons actuellement 5 serveur chez eux, sachant qu’on en a eu jusqu’à 7 en même temps. Ce n’est pas une infrastructure de folie, mais le coût tourne quand même autour du millier d’euros mensuel.

Historique

Avant de parler des problèmes qui s’enquillent depuis une semaine, voici un petit récapitulatif rapide des problèmes rencontrés ces 2 dernières années (je ne liste là que les problèmes techniques pour lesquels l’hébergeur a fait des erreurs ; je ne liste pas les quelques problèmes qui ont été résolus en moins de 2 heures) :

22 décembre 2008
Problème disque dur.
Retards de communication et mauvaise prise en charge par l’hébergeur.
18h30 d’interruption de service.
15 jours de location serveur offerts.

26 mai 2010
Problème carte mère.
Mauvaise gestion du load-balancing par l’hébergeur.
10 heures d’interruption de service.
10 jours de location serveur offerts.

07 juillet 2010
Problème disque dur.
Mauvais diagnostic technique par l’hébergeur.
8 heures d’interruption de service.
14 jours de location serveur offerts.

25 novembre 2010
Problème carte mère.
Mauvaise gestion du load-balancing par l’hébergeur.
4 jours d’indisponibilité de service.
Un mois de location serveur offert.

Dans tous ces cas, l’hébergeur garantissait un délai de rétablissement de 4 heures maximum. C’est la raison pour laquelle des pénalités de retard furent appliquées.
Pour la petite histoire, j’ai aussi un serveur personnel chez cet hébergeur. Et il a aussi connu 2 changements de disques et un changement de carte mère dans le même intervalle.

L’emmerdement maximal

Juste pour montrer comment les choses peuvent s’additionner pour provoquer des interruptions de service à répétition, voici ce qui s’est passé ces derniers jours :

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