Les joies des problèmes IT

Je vais écrire un billet un peu inhabituel, aujourd’hui. Je dis souvent qu’il ne faut jamais compter sur la fiabilité des ordinateurs. C’est tellement vrai que depuis une semaine, j’enchaîne les problèmes techniques sur mes serveurs, les uns après les autres. Aucune relation entre les problèmes, ce sont juste de fâcheux concours de circonstance qui nous font perdre des dizaines de milliers d’euros de chiffre d’affaire.

Reprenons depuis le début. Les serveur de mon entreprise sont loués chez une entreprise française très connue, leader européen de l’hébergement. Nous avons actuellement 5 serveur chez eux, sachant qu’on en a eu jusqu’à 7 en même temps. Ce n’est pas une infrastructure de folie, mais le coût tourne quand même autour du millier d’euros mensuel.

Historique

Avant de parler des problèmes qui s’enquillent depuis une semaine, voici un petit récapitulatif rapide des problèmes rencontrés ces 2 dernières années (je ne liste là que les problèmes techniques pour lesquels l’hébergeur a fait des erreurs ; je ne liste pas les quelques problèmes qui ont été résolus en moins de 2 heures) :

22 décembre 2008
Problème disque dur.
Retards de communication et mauvaise prise en charge par l’hébergeur.
18h30 d’interruption de service.
15 jours de location serveur offerts.

26 mai 2010
Problème carte mère.
Mauvaise gestion du load-balancing par l’hébergeur.
10 heures d’interruption de service.
10 jours de location serveur offerts.

07 juillet 2010
Problème disque dur.
Mauvais diagnostic technique par l’hébergeur.
8 heures d’interruption de service.
14 jours de location serveur offerts.

25 novembre 2010
Problème carte mère.
Mauvaise gestion du load-balancing par l’hébergeur.
4 jours d’indisponibilité de service.
Un mois de location serveur offert.

Dans tous ces cas, l’hébergeur garantissait un délai de rétablissement de 4 heures maximum. C’est la raison pour laquelle des pénalités de retard furent appliquées.
Pour la petite histoire, j’ai aussi un serveur personnel chez cet hébergeur. Et il a aussi connu 2 changements de disques et un changement de carte mère dans le même intervalle.

L’emmerdement maximal

Juste pour montrer comment les choses peuvent s’additionner pour provoquer des interruptions de service à répétition, voici ce qui s’est passé ces derniers jours :

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Gestion de sources, versions de logiciels

Lorsqu’on développe un logiciel, il est absolument nécessaire d’utiliser un outil de gestion de sources. Évidemment, il serait possible de stocker ses fichiers dans un répertoire. Mais si vous voulez travailler sérieusement, vous aurez besoin de stocker les différentes versions de vos sources, pour suivre leur évolution au fil du temps ; et si vous travaillez à plusieurs sur le même projet, cela devient impossible.

Les logiciels de gestion de sources permettent à plusieurs personnes de travailler sur les mêmes fichiers, chacun dans leur coin, puis de tout rassembler pour obtenir une version continuellement à jour des sources. Ils apportent des fonctions permettant de définir des versions globales. Il existe un grand nombre de ces systèmes :

  • Les ancêtres RCS et CVS ont laissé la place à Subversion, qui offre des fonctionnalités supplémentaires bien appréciables. Ce sont des systèmes centralisés faciles à appréhender et à installer, et sont sous licence libre.
  • De nouveaux système sont apparus, basés sur un modèle décentralisé. Parmi ceux-ci, ont peut noter que les plus connus dans le monde de l’open-source sont Bazaar (sponsorisé par Canonical, à l’origine de la distribution Linux Ubuntu), Git (utilisé pour le noyau Linux) et Mercurial.
  • Du côté des logiciels propriétaires, les plus connus sont Visual SourceSafe de Microsoft et BitKeeper (qui a été utilisé pour le noyau Linux jusqu’en 2005).

Je vais vous présenter l’utilisation de ces outils, en utilisant l’exemple de Subversion (SVN en abrégé) car c’est le système de plus répandu et celui que j’utilise ; mais ces concepts sont toujours valables.

Principes généraux

Gestion basique

A la base, les sources d’un projet sont disponibles sur la branche principale (trunk). Les développeurs y récupèrent les sources (checkout) sur leur propre environnement de travail, et y ajoutent leurs versions modifiées (commit).

 

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Tests unitaires et intégration continue

Je vais vous parler de deux notions qui sont assez connexes, et que certaines personnes ont tendance à mélanger un peu.

Les tests unitaires

Le but des tests unitaires est d’automatiser les tests de non-régression. Quand on développe un logiciel, on peut facilement faire des modifications sans se rendre compte qu’elles introduisent des bugs dans certains cas particuliers. C’est ce qu’on appelle des bugs de régression, en ce sens qu’on introduit de nouveaux bugs à la suite d’une évolution fonctionnelle. Comme il n’est pas humainement possible de tester systématiquement tous les cas d’utilisation possible, ces bugs peuvent se retrouver déployés en production, avec tous les problèmes que cela comporte.

Une des notions importantes, quand on fait du développement, est de savoir que plus un bug est détecté tôt, plus il sera facile à corriger. Les gros soucis arrivent quand on fait du « sur-développement » par-dessus un bug de régression ; il devient très difficile de faire un retour en arrière sur le code incriminé, car cela impliquerait de supprimer des fonctionnalités. Il faut alors corriger ce nouveau code, en essayant de trouver une aiguille dans une botte de foin.

Concrètement, les tests unitaires consistent en un ensemble de scripts, qui ont chacun en charge la validation d’un morceau de code (ou d’une classe si vous faite de la programmation orientée objet). Il est assez évident de tester de la sorte les bibliothèques de fonction : les « librairies » peuvent être vues comme des boîtes noires, avec des entrées et des sorties. Il suffit d’injecter certaines données en entrée, et vérifier la conformité de ce qu’on obtient en sortie.
Pour du code applicatif, c’est un peu plus délicat, car on est parfois obligé de mettre en place un environnement de test sophistiqué (bases de données avec lots de test, génération de données aléatoires, gestion des tentatives de hack, …). Mais bien heureusement il existe de très nombreux frameworks pour vous aider à y arriver ; suivant votre plate-forme de développement, vous pouvez vous intéresser à JUnit (Java), SimpleTest (PHP), CppUnit (C++), JSUnit (Javascript), ASUnit (ActionScript), Test::Unit (Ruby), Test::Unit (Perl), unittest (Python), NUnit (.NET), …

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Pas d’intégrisme technologique

J’ai rencontré trop souvent des situations où mes interlocuteurs prenaient leurs goûts personnels pour de grandes vérités technologiques. Cela m’aurait systématiquement amusé, si je n’avais pas vu trop de mauvais choix résulter de ce genre de comportement.

On a tous entendu ce genre de réflexions :

  • « PHP c’est juste bon pour faire des pages perso », venant d’un ingénieur JEE.
  • « Perl, c’est pour prototyper un logiciel avant de le coder pour de vrai », entendu chez un codeur C/Unix.
  • « DotNet, c’est une copie de Java, c’est forcément moins bien », d’un autre ingénieur JEE.
  • « MySQL ce n’est pas une base de données sérieuse », assuré par un DBA Oracle.
  • « Bah, pourquoi vous utilisez Linux ? », par un candidat à un stage habitué à Windows.
  • « Ubuntu, c’est nul, je préfère Debian », par un autre candidat.
  • « Avec la base de données et le serveur Web sur des machines différentes, on ralentit le site », par un développeur expérimenté.

On peut apporter des réponses intelligentes à toutes ces remarques :

  • Si Yahoo, Facebook et Wikipedia sont codés en PHP, c’est parce que ce sont des sites perso, hein ?
  • Pour la plupart des développements, le Perl est plus rapide à développer, avec des performances plus qu’acceptables.
  • Les développeurs qui prennent le temps de mettre le nez dans DotNet semblent dire que c’est une très bonne plate-forme.
  • Wikipedia utilise plusieurs bases MySQL, qui fonctionnent conjointement de manière très performante.
  • La vraie question est plutôt « Pourquoi utiliser Windows ? ».
  • Avec de l’Ubuntu Serveur sur les serveurs, et de l’Ubuntu Desktop sur les postes de développement, on s’assure d’avoir une plate-forme unifiée.
  • Vous imaginez que Google tourne sur une seule machine ?

Faire un choix structurant

Nous avons tous des préférences. Je me sens bien sous Linux, à coder en C et en PHP. C’est ce qui correspond à mes goûts et mes choix. Je peux l’expliquer de manière factuelle, mais il y a aussi des raisons inexplicables.

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Prestation interne ou externe ?

Quand on doit choisir un outil informatique, l’une des questions que l’on doit se poser assez rapidement concerne le choix entre un outil interne à l’entreprise ou l’utilisation d’une prestation externe.

Quand je parle d’outil interne, je ne parle pas de développement réalisé en interne (même si ce cas existe bel et bien), mais des logiciels que l’on peut installer sur des machines propres à l’entreprise. Les prestations externes concernent les services qui sont disponibles à distance, souvent en SaaS (software as a service). Cela peut s’appliquer à un grand nombre de choses :

  • La gestion des emails. Votre entreprise doit-elle posséder son propre serveur SMTP, ou bien allez-vous passer par GMail/Hotmail/YahooMail ?
  • La gestion de document. Faut-il installer un serveur de fichiers interne, ou pouvez-vous vous reposer sur Google Doc/Zoho Docs ?
  • La gestion de projet. Est-il préférable d’utiliser une solution autonome, ou une plate-forme collaborative hébergée chez un prestataire ?

La prestation externe

L’utilisation d’un prestataire extérieur offre plusieurs aspects très pratiques :

  • Le service est disponible de partout (dans le cas de logiciels disponibles sur le Web). C’est très utile quand on a des collaborateurs disséminés géographiquement.
  • Le coût est limité. Les services d’email sont gratuits pour la plupart, et les offres logicielles payantes (gestion de projet, CRM, …) coûtent habituellement moins cher que la location d’un serveur.
  • La qualité du service est très bonne. Ces prestataires doivent gérer un très grand nombre d’utilisateurs, et mettent en place des architectures matérielles et logicielles prévues pour tenir la charge. Des équipes administrent ces services 24h/24, ce qui évite d’avoir à le faire soi-même.

L’installation interne

D’un autre côté, l’installation de logiciels en interne possède aussi de gros avantages :

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