Ma conférence sur les licences libres

J’ai participé au meetup AFUP du mois d’août en donnant une conférence sur le sujet des licences libres : qu’est-ce qu’une licence, une licence libre, le domaine public, les licences de libre diffusion, qu’est-ce qu’une marque, qu’est-ce que le copyleft et est-il encore d’actualité aujourd’hui, quelle est la différence entre « free software » et « open source » ? Et enfin, j’ai fait des propositions de licences en fonction des besoins.

Que vous découvriez les licences libres ou que vous connaissiez déjà, ma conférence abordait des choses susceptibles de vous intéresser. Par exemple : saviez-vous qu’en Europe, il n’y a aucun moyen légal d’empêcher un logiciel propriétaire d’utiliser une bibliothèque sous licence libre ? Eh oui, même si cette bibliothèque est sous licence GPL. La LGPL est caduque. Et même aux États-Unis, l’interprétation de la loi n’est pas tranchée, il y a débat.

Slides de ma présentation

Trois points de détail que j’ai abordé à l’oral et qui peuvent être importants

La licence EUPL (European Union Public License) est une licence de très bonne qualité. Elle est traduite en 23 langues, qui ont toutes la même valeur face à un tribunal (au contraire des autres licences dont les traduction ne sont données qu’à titre indicatif mais dont seule la version originale a de la valeur). C’est une licence libre à copyleft, qui prévoit les cas particuliers comme le “leasing loophole” et le partage par les opérateurs cloud. Elle est compatible avec un grand nombre d’autres licences libres, ce qui veut dire que l’on peut mixer du code sous licence EUPL avec du code sous GPL, par exemple (ce qui est souvent impossible avec d’autres licences libres).

La licence FDL impose d’insérer une copie du texte de la licence avec le document ou l’œuvre partagée. Ce n’est pas forcément un problème quand il s’agit d’une documentation technique de 300 pages. Par contre, pour une icône ou un son, c’est plus embêtant. Autant utiliser la licence CC BY-SA, qui est très similaire dans ses buts et son application.

La licence CC BY-NC ne permet pas l’exploitation commercial de l’œuvre partagée. Par contre, elle permet d’en faire des dérivés ; et comme elle n’impose pas que les œuvres dérivées soient placés sous la même licence (au contraire de la CC BY-NC-SA), rien n’empêche d’en faire un dérivé minimal (en changeant une virgule), et de le placer sous n’importe quelle licence autorisant la commercialisation (licence libre ou licence propriétaire). Donc la licence CC BY-NC ne sert strictement à rien. Si vous l’utilisez, vous ne protégez absolument pas votre œuvre.

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