Le blog d'un geek devenu directeur technique

Billets dans la catégorie Création d’entreprise

Guy Kawasaki et Steve Jobs

J’ai déjà parlé de Guy Kawasaki sur ce blog. Et je n’ai pas besoin de vous présenter Steve Jobs.

J’ai lu récemment un article sur le blog de Guy Kawasaki, dans lequel il parle de ce qu’il a appris de Steve Jobs. Je ne vais pas traduire l’article, ni en faire une explication de texte, mais juste relever deux points très intéressants.

Les experts ne servent à rien

Experts—journalists, analysts, consultants, bankers, and gurus can’t “do” so they “advise.” They can tell you what is wrong with your product, but they cannot make a great one. They can tell you how to sell something, but they cannot sell it themselves. They can tell you how to create great teams, but they only manage a secretary.

Dans un genre un peu différent, ça me fait penser à un film avec Tom Cruise (je ne sais plus si c’est Risky Business ou Cocktail). Le héro suit des cours d’économie ; quand son professeur lui donne une mauvaise note, il lui rétorque que s’il avait fait fortune en commercialisant un produit à succès, il ne serait pas en train d’enseigner comment commercialiser un produit à succès.

Quand on crée quelque chose, on doit le ressentir au fond de soi ; quand ça vient des tripes, on peut aller loin. Mais il ne faut pas écouter les donneurs de bons conseils, les faites-ce-que-je-dis-mais-ne-faites-pas-ce-que-je-fais.
Ceux qui savent sont rarement ceux qui font. Ceux qui font, eux, savent qu’ils ne connaissent pas grand chose, qu’ils entrent dans une zone risquée et pleine de doutes. Mais c’est souvent le doute qui permet de se poser les bonnes questions, de tout remettre en cause quand il le faut.
Je me méfie de ceux qui ont de grandes certitudes et qui peuvent asséner de grandes vérités.

Les clients ne savent pas de quoi ils ont besoin

If you ask customers what they want, they will tell you, “Better, faster, and cheaper”—that is, better sameness, not revolutionary change.

Rien de vraiment nouveau, cela a déjà été dit et redit… mais c’est toujours bien de le rappeler.
Les produits révolutionnaires, ceux qui changent les habitudes, sont quasiment impossibles à deviner. On ne peut pas déceler en eux leur succès futur, car on juge en fonction des critères actuels, pas en fonction du marché de demain ; c’est encore plus flagrant pour les produits qui créent leur propre marché.

Avant de regarder de haut les inventions farfelues qu’on voit passer, il faut se souvenir qu’il peut s’agir de loufoqueries aussi bien que des prochains succès commerciaux.

Le mot de la fin

Celle-là, je me permets de la sortir un peu de son contexte :

(…) the starting point of changing the world is changing a few minds. This is the greatest lesson of all that I learned from Steve.

Même s’il faut viser la perfection, il ne faut pas attendre de l’avoir atteint pour montrer son produit. Les choses se font petit à petit, une à la fois. Il ne faut jamais oublier qu’avant d’avoir cent mille clients, il faut commencer par en avoir un.

Livre : Citizen Game

J’ai lu le livre Citizen Game écrit par Nicolas Gaume. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il a connu son heure de gloire dans les années 90 en créant Kalisto, un des plus éminents studio de développement de jeux vidéos français.

Ce livre est très intéressant car, à travers l’histoire personnelle de Nicolas Gaume, on y découvre trois aspects essentiels d’une décennie marquante de l’informatique :

  1. L’éclosion du marché de la micro-informatique, à travers sa démocratisation.
  2. La professionnalisation du développement des jeux vidéos sur micro-ordinateurs.
  3. La montée de la spéculation sur les nouvelles technologies, puis l’éclatement de la « bulle Internet ».

Les premières expérimentations

Nicolas Gaume explique comment son adolescence l’a amené à se frotter aux ordinateurs au point de devenir un geek (à une époque où ce terme était encore inconnu). Il parle des nuits passées à programmer sur l’Apple II familial, puis les premières connexions à des BBS à travers un modem téléphonique, lui permettant d’approcher le monde fermé des demomakers. Il se décrit comme une sorte de petit génie de l’informatique, jonglant avec les langages informatiques, qui ne trouve sa place qu’auprès des ordinateurs et des autres personnes comme lui.

Par la suite, il commença à réunir certains de ses amis pour former un groupe informel de création. Tous fondus de l’Apple II − et de sa déclinaison la plus puissante, l’Apple II GS − ils commencèrent par développer sur cette machine, jusqu’à ce qu’Apple France leur prête des machines, dont des Macintosh LC (premier Macintosh couleur grand public) avant leur sortie officielle.
Si ce groupe a rapidement volé en éclat, il a permis à Nicolas Gaume de trouver sa voie : une sorte de Steve Jobs à la française, qui se voit comme un expert technique mais dont le véritable talent est de trouver les vrais génies et de les faire travailler ensemble en leur montrant le chemin à suivre.

La professionnalisation

Il créa Atreid Concept, qui développa des jeux pour Macintosh, puis pour PC. Revendue à l’éditeur Pearson, l’entreprise sera renommée Mindscape Bordeaux (Mindscape appartenant déjà à Pearson). Par la suite, Pearson lui revendra l’entreprise − moins cher qu’il ne l’avait vendue, semblerait-il − et il la renommera Kalisto.

Les jeux Dark Earth et Nightmare Creatures restent les plus emblématiques de cette époque. Devenu un studio de développement réputé, Kalisto créa aussi des jeux pour le compte d’éditeur tiers, multipliant les partenariats. Le portage de jeux sur consoles força d’ailleurs l’entreprise à se plier aux procédures des constructeurs japonais, lui amenant les méthodes et outils équivalents à ceux des meilleurs acteurs du marché de l’époque.

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Réunion à la Chambre de Commerce et d’Industrie

Je me suis rendu hier matin à une « Réunion d’information » consacrée à la création d’entreprise, organisée par la Chambre de Commerce et de l’Industrie de mon département. Ces réunions ont pour but d’apporter quelques informations de base à celles et ceux qui ont un projet de création ; elles durent 3 heures et sont gratuites. Les différentes CCI en organisent régulièrement ; elles sont habituellement libres d’accès, mais il vaut mieux s’inscrire par avance sur le site de la CCI, car parfois les places sont limitées.

Je vais vous présenter rapidement cette réunion.

Les chiffres de la création d’entreprise

En France, 15 millions de personnes envisagent de créer une entreprise ou une activité en tant qu’auto-entrepreneur. Cela représente tout de même la moitié de la population active.

Sur ces 15 millions, 4 millions ont un projet précis. En 2010, il y a eu 620 mille entreprises créées, dont la moitié par des auto-entrepreneurs (ce qui confirme le dynamisme de ce dispositif).

Près de la moitié des entreprises créées ne dépassent pas les 5 ans d’activité. Cela s’explique par plusieurs facteurs, les principaux étant la mauvaise préparation (conduisant à créer des entreprises fondamentalement non viables), l’insuffisance des fonds de roulement (qui place en cessation de paiement des entreprises qui ont pourtant des clients), et la mauvaise anticipation des charges (notamment les charges sociales qui explosent la 3ème année d’activité).

Le business Plan

Une part non négligeable de la réunion est consacrée aux différents éléments nécessaires à la constitution du business plan, passage obligé vers la création d’une entreprise pérenne.

Cela commence par l’adéquation entre le projet et son porteur. Il faut mener un auto-diagnostic personnel et professionnel. Cinq questions sont posées :

  • Quelles sont les raisons qui me poussent à créer une entreprise ? D’où vient ma motivation ?
  • Est-ce que je possède une expérience dans ce domaine ?
  • Quels sont mes moyens financiers ?
  • Ai-je des compétences techniques, en gestion et en commerce ?
  • Suis-je prêt à faire des sacrifices et à prendre des risques ?

Même si ces questions semblent évidentes, j’ai été étonné de voir les réactions de l’auditoire, et les questions posées. Manifestement, la plupart des personnes présentes en étaient à un stade peu avancé dans leurs projets. Entre autre, j’ai été surpris de voir qu’un grand nombre de questions portaient sur l’argent ; principalement, le montant des apports personnels qu’il faut amener lorsqu’on souhaite demander un prêt bancaire (réponse : 20 à 30% minimum).

On passe ensuite à l’étude de marché. Elle est constituée de deux grands volets. D’un côté les futurs clients (adéquation entre le produit/service et le marché), de l’autre les fournisseurs (tarifs, délais de livraison et de paiement, quantités minimums). Pour alimenter cette étude, il faut passer 5 points en revue : PLUS »

Couveuses et pépinières d’entreprises

J’ai assisté hier après-midi à une réunion de présentation du GEAI, le Groupement d’Entrepreneurs Accompagnés Individuellement. Il s’agit d’une association, présente en région parisienne, qui a pour but d’offrir un encadrement et un accompagnement aux créateurs d’entreprise.

Quel que soit le domaine d’activité, les créateurs d’entreprise sont confrontés à deux problèmes fondamentaux : Avant même de savoir si leur projet est viable, ils se voient dissiper une partie non négligeable de leur énergie à résoudre des questions d’ordre administratif et comptable ; en plus de cela, ces formalités imposent de payer des frais à l’enregistrement de l’entreprise, à la création d’un compte bancaire professionnel, puis par la suite le paiement d’un comptable pour la gestion des opérations courantes.
Cela est d’autant plus pénalisant que dans les premières phases d’une activité, on veut surtout valider le concept commercial, vérifier qu’il est viable économiquement, qu’il peut rencontrer son public et générer une clientèle.

Les incubateurs permettent justement de se focaliser sur le cœur de l’entreprise. Le GEAI offre la possibilité de tester son activité en prenant peu de risques. Durant une période allant de 4 à 12 mois, l’association met à disposition son numéro de SIRET et son dispositif financier ; les « couvés » peuvent ainsi vendre des produits et facturer leurs clients sans avoir à effectuer de démarche pour en avoir eux-mêmes la capacité.

Le principe est assez simple. Vous avancez l’argent pour vos stocks ou matières premières. Vous facturez vos clients grâce à l’incubateur, qui retiendra 10% du chiffre d’affaire pour les frais de gestion (ce qui comprend principalement le travail d’expertise comptable). Il faut ajouter environ 8 € par mois pour les assurances accident du travail et maladie professionnelle.
À la fin de la période d’incubation, les bénéfices (chiffre d’affaire moins charges) sont reversés.

À mon avis, le plus intéressant ne situe pourtant pas à ce niveau. Là où l’incubateur prend tout son sens, c’est dans l’accompagnement qu’il propose aux créateurs d’entreprises. Cela se déroule en 4 grandes étapes :

  1. Avant l’admission, il faut constituer un dossier de candidature. Celui-ci doit contenir une étude de marché, une étude financière, et les objectifs qualitatifs et quantitatifs de la société. Ces éléments sont la base d’un business plan. La plupart des créateurs qui approchent le GEAI ont des projets suffisamment avancés pour pouvoir constituer leur dossier rapidement. Mais pour ceux qui sont encore en phase de réflexion, il est prévu d’avoir 2 à 3 rendez-vous avec un conseiller pour mettre tout ça en place.
  2. Pendant l’incubation, un suivi individuel est effectué en rencontrant un conseiller une à deux fois par mois. C’est à ces occasions que sont passés en revue les résultats (comparés aux prévisions du business plan), et que sont prises des mesures correctives : politique de prix, publicité, marketing, utilisation des réseaux sociaux, étude comptable, plan de financement, etc.
  3. Toujours durant l’incubation, un assez grand nombre de formations sont proposées, chacune durant une demi-journée à une journée et demi. Cela concerne le marketing, la prospection commerciale, la gestion comptable, la fiscalité, le droit social… En plus de ces formations sont organisés des petits-déjeuners thématiques, qui servent au réseautage tout en abordant certains sujets qui peuvent être intéressants.
  4. Avant la sortie de l’incubateur, une stratégie est mise en place pour préparer les choses. Le but étant d’optimiser les chances de viabilité à long terme, plusieurs aspects sont pris en compte. Cela concerne aussi bien le statut juridique de l’entreprise qui sera créée, que la recherche éventuelle de partenaires ou d’investisseurs.

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Citation : The Social Network

J’imagine que la plupart d’entre-vous a vu le film The Social Network. Certains ont peut-être même lu le livre The Accidental Billionaires dont il est tiré. On peut aimer ou détester ce film, il a toutefois l’intérêt de présenter − à sa manière très romancée − l’envers du décors d’un acteur majeur du paysage informatique actuel. Jusqu’ici, seul le téléfilm Les pirates de la Silicon Valley offrait quelque chose à ce sujet, en montrant comment Apple et Microsoft ont émergé jusqu’à devenir les deux monstres qu’ils sont aujourd’hui.

Il y a une phrase (qu’aurait dite Mark Zuckerberg) qui m’a marquée. Lorsque les jumeaux Winkelvoss le poursuivent en justice, parce qu’il aurait copié leur idée, il leur crie :
« Si vous aviez créé Facebook, vous l’auriez créé ! »

Derrière l’effet de manche, il y a toutefois une réalité. Les idées n’ont pas de valeur tant qu’elles restent à l’état d’idée. C’est la concrétisation d’une idée qui en fait le succès (ou l’échec). On ne peut d’ailleurs pas breveter une simple “idée” ; on peut breveter des procédés industriels, mais pas la notion fondamentale d’un produit ou d’un service, aussi innovant soit-il.

Si on y réfléchit bien, on dit souvent que la réalisation d’un projet informatique n’est pas non plus un critère prépondérant. La formule consacrée dit qu’il s’agit d’une commodité. Entendez par là que la plupart des idées pourront être développées par un groupe de prestataires ; il suffit d’allonger les billets.
Notez que je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette vision des choses, car le gain d’expérience né de l’internalisation des compétences est très important et peut se révéler déterminant face aux concurrents ainsi que pour réagir au marché. Mais il faut toutefois reconnaître que c’est en partie vrai.

Mais alors, si l’idée ne vaut rien tant qu’elle n’a pas été concrétisée, et que le travail nécessaire à cette concrétisation n’est pas plus valorisée, qu’est-ce qui est vraiment important ? Qu’est-ce qui fait le succès d’une entreprise ?

À mes yeux, la liste est assez courte :

  • L’envie farouche de créer quelque chose, de concrétiser l’idée initiale.
  • Le soucis du détail, le soin apporté au produit ou au service dans sa globalité.
  • L’écoute (du marché, des clients, des prospects, des concurrents, de ses équipes), la souplesse et l’adaptation.
  • L’obstination et la persévérance, quand les tripes nous disent qu’on a raison alors que tout le monde nous dit qu’on a tort.
  • La chance, même si on doit la provoquer par une conjonction de facteurs.

Ce sont les critères qui permettent à un produit ou à un service de rencontrer le succès. Sans ces cinq points, une idée sera toujours mal réalisée, et donc la valeur de sa réalisation importera peu.

Si vous avez une idée d’entreprise, si vous vous êtes déjà dit «Oh, ce truc-là, j’y avais pensé, j’aurais dû le faire à ce moment-là !», faites-le. Lancez-vous à fond ou ne le faites pas pour de bonnes raisons, mais prenez une décision que vous ne regretterez pas.
Trop de beaux projets finissent mal parce qu’ils ont été faits à la va-vite, ou au contraire ont mis tellement de temps pour se matérialiser qu’ils avaient raté leur cible. Oui, on peut lancer un projet informatique sur son temps libre ; oui, ça marche très bien pour les projets libres, avec le succès qu’on leur connait ; non, ça ne marche pas très bien pour la création d’entreprise. Si même le créateur d’un projet ne s’y investit pas personnellement, il ne faut pas s’étonner de son échec.

Pour revenir à l’exemple de Mark Zuckerberg, son talent a été de réaliser un service plus généraliste que ceux déjà en place (MySpace, LinkedIn), ou de meilleure qualité (Orkut, …), en se donnant les moyens d’y arriver. Si c’était resté un projet d’étudiant, sans qu’il ne s’y investisse corps et âme, en n’y consacrant qu’une heure par-ci par-là, Facebook ne serait jamais devenu le site que l’on connait maintenant.

Livre : La boîte à outils de la création d’entreprise

Si vous êtes intéressés par la création d’entreprise, il y a de fortes chances que vous vous soyez déjà renseigné sur la question. Que ce soit en lisant des livres ou en épluchant des sites web, ou simplement en discutant avec des personnes qui s’y connaissent, il y a tout un tas de notions basiques qui sont assez faciles à intégrer. Sans parler du fait que la plupart des formations informatiques incluent un minimum d’introduction à la création d’entreprise.

La plupart des informaticiens ont donc une vision plus ou moins précise de ce que sont un business plan et une étude de marché, de l’utilité d’un dépôt de marque, ou encore des différents statuts juridiques qui sont possibles lorsqu’on crée une entreprise.

Mais quand on commence à réfléchir à un vrai projet professionnel, on se pose des centaines de questions − certaines complètement farfelues, d’autres absolument ridicules, mais toutes sont importantes tant qu’elles restent sans réponses. À ce moment-là on a besoin d’explications claires et intelligibles. Habituellement, on se met alors à feuilleter frénétiquement tous les livres que l’on trouve sur le sujet. Et la plupart du temps, ce qu’on trouve est soit incomplet (certains statuts juridiques sont oubliés), soit trop général pour rester pertinent (expliquant à la fois la création d’entreprise, le rachat d’entreprise et les franchises), soit complètement soporifique (quasi-systématiquement).

J’ai trouvé récemment un livre qui répond à la plupart des questions que je me pose sur les différents aspects que revêt la création d’entreprise. Il s’agit de La boîte à outils de la création d’entreprise, écrit par Catherine Léger-Jarniou et Georges Kalousis, et paru aux éditions Dunod. Son contenu est présenté de manière synthétique ; les points importants sont clairement mis en avant. Et même certains sujets dont l’importance ne m’était pas apparue jusqu’ici y sont traités intelligemment.

Ce livre ne vous dispensera pas des services d’un avocat et d’un comptable. Mais dans le long parcours de la création d’entreprise, on a tout intérêt à se préparer au mieux.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici le sommaire du livre :

  • Le business plan
  • Le créateur
  • Le projet
  • Le marché
  • Le business model
  • La stratégie marketing
  • La protection
  • L’organisation
  • Le démarrage de l’activité
  • Le statut juridique
  • Les aides et subventions
  • La finance
  • Le développement

Évidemment, certains sujets seront traités plus en profondeur dans des livres qui y sont exclusivement consacrés. Ce sera le cas si vous cherchez des informations complètes sur l’auto-entrepreneuriat, ou les aides gouvernementales à la création d’entreprise. Et encore, vous risquez de tomber sur des bouquins qui ressasseront les mêmes informations.

Bref, après avoir épluché des dizaines de livres sur le sujet, je vous conseille de commencer par celui-ci.

Idée d’entreprise : Plate-forme logicielle

Dans la série des idées de création d’entreprise, voici quelque chose auquel je pense depuis assez longtemps.
Contrairement aux cas précédents, pour lesquels où il s’agissait d’idées de business, là je suis parti d’un besoin technique et j’ai réfléchi à la manière d’en faire une entreprise viable.

De quoi s’agit-il ?

De par mon travail et mes goûts personnels, j’ai toujours préféré écrire des logiciels avec une interface web. Je connais aussi bien les technologies «front» (HTML/CSS/Javascript) que le développement côté serveur (et ma préférence va vers le PHP, comme de nombreuses autres personnes).

Il m’est arrivé à plusieurs reprises de faire des applications prévues pour s’exécuter en local sur un ordinateur. Je parle d’interface «lourde», par opposition au «client léger» reposant sur une interface web. Quoi de plus normal de chercher alors à utiliser des technologies qui se rapprochent de ce que j’ai l’habitude d’utiliser. Dans le genre, il en existe deux que j’ai pratiquées en profondeur : XUL et PHP-GTK. Chacune d’elles possède des avantages et des inconvénients :

  • XUL est la technologie créée par Mozilla pour servir de moteur à Firefox et Thunderbird. Elle permet de créer des interfaces très puissantes avec du XML et du Javascript. Sa grande force est de permettre le mélange de XUL (dérivé du XML) pour décrire l’interface avec du CSS pour en définir le style. On peut même y mettre du HTML, c’est assez pratique. L’inconvénient, c’est que le Javascript est un langage qui se prête mal − à mon sens − à la création d’applications un tant soit peu complexes, à cause de son modèle objet très incomplet et au manque de fonctionnalités dans le langage. Mozilla propose d’ailleurs tout un tas d’extensions spécifiques, mais qui sont très verbeuses à utiliser ; rien que la lecture d’un fichier sur le disque local nécessite au moins 8 lignes de code abscons impossible à retenir.
  • PHP-GTK, pour sa part, est un «binding» de la bibliothèque graphique GTK+ avec l’interpréteur PHP. Il permet de créer des logiciels qui s’exécutent avec une interface très valable mais difficile à styliser. Il est possible de composer l’interface en XML (grâce à Glade). Le gros avantage, c’est de pouvoir utiliser toute la bibliothèque native de PHP, qui est très complète. L’inconvénient, c’est que le développement d’interfaces graphiques en PHP est plus pénible que le développement d’applications web côté serveur.

Malheureusement, aucune de ces deux solutions n’a réussi à s’imposer. En fait, elles n’ont même pas réussi à se faire la moindre place réelle dans le paysage informatique actuel. J’exagère un peu, on trouve une poignée d’applications d’envergure basées sur XUL ; mais sincèrement, ces deux plate-formes ne viennent à l’esprit de personne lorsqu’il s’agit de créer un logiciel avec une interface graphique native.

À mes yeux, cela s’explique assez facilement :

  1. Quel est le propos de ces technologies ? Offrir aux développeurs web la possibilité de développer des programmes «non web» en capitalisant sur leurs connaissances et leurs compétences.
  2. Pour cela a-t-il échoué ? Parce que les compétences réclamées par le XUL (XML/CSS/Javascript) ne permettent pas de développer facilement du code métier, et que personne n’a d’expérience dans la création d’interfaces graphiques en PHP (donc personne n’a envie de faire des interface graphiques en PHP).

Comment s’y prendre ?

Pour moi, la solution est simple : Il faut créer une plate-forme logicielle qui duplique l’esprit des développements web. C’est-à-dire qu’il faut pouvoir utiliser des technologies différentes entre la partie interface (HTML/CSS/Javascript) et la partie «traitements» (PHP).

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Ergonomie et simplicité : Garder le contrôle

Je suis en train de lire un livre, dont je parlerai sûrement un de ces jour sur le blog, qui a pour thème la simplicité dans les produits et services. Il est assez similaire au livre De la simplicité que j’ai déjà chroniqué.

L’ascenseur de la pomme

L’auteur parle à un moment du fait que les utilisateurs ont certes besoin de simplicité et d’ergonomie, mais qu’il veulent garder le contrôle. Ou tout au moins garder l’impression d’avoir le contrôle de ce avec quoi ils interagissent.
Il donne l’exemple d’un ascenseur construit par Apple dans l’un de ses Apple Center au Japon. Cet ascenseur est très beau, avec un design épuré fait de verre et de métal. Pour simplifier au maximum son utilisation, l’ascenseur ne propose aucun bouton d’appel ni de choix d’étage. Il se contente de circuler de haut en bas, s’arrêtant à chacun des 4 étages du bâtiment. Cela semble être une bonne idée : les clients n’ont pas à se poser de question, ils montent simplement dans la cabine quand les portes s’ouvrent et en descendent quand ils arrivent à l’étage qui les intéresse.

Sauf qu’au final, cet ascenseur génère plus de tracas que prévus. Ne sachant pas comment il fonctionne, et étant habitués aux ascenseurs traditionnels, les gens cherchent un bouton d’appel jusqu’à ce que les portes s’ouvrent enfin. Puis le stress monte un peu en se demandant si la cabine va bien s’arrêter là où ils le souhaitent. Au lieu de libérer l’esprit, ce fonctionnement simpliste amène les utilisateurs à se poser des questions inutiles. On pourrait dire qu’une fois qu’on a compris comment l’ascenseur marche il n’y a plus aucune question à se poser ; sauf que la plupart des utilisateurs ne l’utiliseront qu’une seule fois. Le choix est mauvais.

En lisant ça, j’ai pensé à d’autres exemples qui montrent que les utilisateurs ont besoin de pouvoir contrôler ce qu’ils utilisent.

Contrôler les bugs

Dans mon entreprise, nous utilisons Flyspray comme outil de gestion des bugs. C’est un outil globalement très bien fait, que je conseille souvent autour de moi. Comme la plupart des outils de ce genre, il permet d’ajouter des tâches en leur assignant un critère de sévérité et un critère de priorité. Par la suite, les tâches sont listées par ordre de priorité ; à priorité égale, le tri est fait suivant la sévérité.

Et donc comme la plupart des outils de ce genre, Flyspray utilise ces deux critères pour déterminer automatiquement l’ordre dans lequel les tâches doivent être traitées. Sur le papier, c’est génial.

Le problème, c’est qu’un outil qui ne se base que sur deux critères a forcément une intelligence limitée. Ainsi, la priorité d’une tâche devrait pouvoir augmenter au fil du temps ; le fait de lui ajouter une date d’échéance ne fait pourtant pas monter le critère correspondant ; on se retrouve donc avec des tâches de faible priorité, qu’il faudrait terminer pour demain, mais qu’on ne voit pas car elles sont listées en bas de liste au milieu d’autres tâches de faible importance.
En plus de ça, le passage en revue des tâches n’est pas aisé. Si on veut faire passer une tâche avant une autre, il faut l’éditer et augmenter sa priorité ou sa sévérité, sans vraiment savoir jusqu’où elle va monter dans la liste ; elle peut très bien se retrouver à passer au-dessus d’autres tâches qui devaient rester plus prioritaires. PLUS »

Idée d’entreprise : Chaîne de télé spécialisée

Il y a deux ans, j’ai passé deux semaines de vacances en Pologne. Très joli pays, que j’ai eu le plaisir de découvrir au printemps (l’hiver y est assez rude, même en étant né au Québec).

Les séries télé

Quand je vais à l’étranger, j’aime bien zapper un peu à la télé, pour voir à quoi ressemble les émissions locales. Bon, cet exercice est évidemment plus intéressant quand on parle couramment la langue du pays, ou qu’on peut la comprendre en faisant quelques efforts. En l’occurrence, je n’ai aucune notion de polonais. Mais ça ne m’a pas empêché de tombé des nues.

La télévision polonaise diffuse des séries, comme toutes les chaînes télé de la planète. Et comme dans tous les pays, ils diffusent beaucoup de séries étrangères. Habituellement, quand on diffuse une série étrangère, il faut passer par une phase de traduction. Imaginez le faible succès qu’auraient eu en France des séries comme Les Experts, Dr House ou Desperate Housewives si elles avaient été intégralement diffusées en anglais…

Quoi qu’il en soit, quand il s’agit de traduire une série, vous avez 2 possibilités :

  • Faire traduire les textes, embaucher des acteurs de doublage, leur faire enregistrer les voix dans la langue locale, et diffuser les épisodes avec ces voix. C’est la solution “grand-public” habituelle.
  • Faire traduire les textes, et diffuser les épisodes en version originale avec des sous-titres écrits dans la langue locale. C’est la solution préférée des “puristes”.

La crise de rire

Ce qui est effrayant en Pologne, c’est que les chaînes de télé locales ont fait le plus mauvais choix possible quant à la méthode de traduction des séries qu’elles diffusent. Les séries ne sont pas doublées. Les séries ne sont pas sous-titrées. Non, quand on regarde une série étrangère, on entend (faiblement) les voix originales, puis (avec un léger décalage) une voix monocorde qui traduit en polonais ce qui vient d’être dit.

L’horreur absolue est atteinte quand on se rend compte que c’est la même voix qui traduit tous les acteurs. Si il y a une conversation avec des échanges rapides, je ne comprends pas comment les polonais réussissent à suivre (si ça se trouve, ils n’y arrivent pas).

Sérieusement, je n’étais pas enchanté à l’idée de regarder la télé dans une langue que je ne comprends pas du tout. Mais là, cette voix… elle réussit à rendre n’importe quelle série aussi vivante que l’oraison funèbre de Lénine.

Créer une chaîne de télé ?

À l’époque, je m’étais dit qu’il serait très facile pour une jeune chaîne de télévision de se différencier des autres en proposant des séries américaines sous-titrées. Je suis persuadé qu’en très peu de temps, une chaîne ultra-spécialisée sur ce créneau réussirait à récolter des parts d’audience très intéressantes. Et pourrait rapidement générer des profits, grâce aux recette publicitaires qui en découleraient. PLUS »

Idée d’entreprise : Import/export ciblé

Il m’est venu une idée de création d’entreprise que je voudrais partager avec vous.

L’année dernière, je suis allé au Québec − avec ma femme et ma fille − pour rendre visite à ma famille. Ma fille, alors âgée de 7 mois, était un peu enrhumée. En France, quand un bébé a le nez qui coule, on nous apprend à lui nettoyer avec des « unidoses » de liquide physiologique. On lui vide dans chaque narine le contenu d’une dose, et le liquide doit ressortir par l’autre narine. Ensuite on lui aspire les sécrétions (quel joli mot pour simplement parler de la morve) avec un « mouche-bébé ».

Si vous ne voyez pas pas à quoi ça ressemble, voici une photo :

Pourquoi je parle de ça ? Simplement parce que j’ai été effaré du prix des doses qu’on a trouvé à Montréal. En France, ça coûte environ 2,50 € pour 45 dosettes. Alors qu’au Québec il en coûte 17 $ pour 20 dosettes. Belle différence de prix, même au cours du dollar canadien. Et pourtant, je me demande un peu comment on peut s’occuper d’un bébé sans jamais avoir à lui nettoyer le nez.
Renseignement pris auprès de mon frère, qui vit là-bas, beaucoup de gens y ont appris à faire leur propre solution saline, en faisant bouillir de l’eau et en y ajoutant du sel… mais personne ne semble trouver ça pratique.

Bref, j’ai pensé immédiatement qu’il y avait forcément une opportunité d’importation parallèle de liquide physiologique. Vendus en grosses quantités, il y aurait sûrement moyen de proposer un prix raisonnable tout en gardant des marges confortables. Comment se fait-il que personne n’y ait pensé ?

Quand je parle d’importation parallèle, je ne parle pas d’importation illégale ou de marché noir, vous m’aurez compris. Mais plutôt d’importation dont la vente se ferait via des canaux de distribution non conventionnels. Si les pharmacies vendent un produit hors de prix, il peut être intéressant de passer par les associations, par les centres de soins ou les maternités, pour vendre en direct autant que possible.

De manière générale, je pense que ce concept peut sûrement être répliqué à toutes sortes d’autres produits ou services. Je suis certain qu’il y a des produits qui sont vendus horriblement chers à certains endroits, sans bonne raison. Peut-être parce que le marché semble trop petit pour intéresser d’autres acteurs. Ou parce que la différence de prix ne semble pas capable de générer à elle seule des ventes suffisantes.

Et pourtant ! Je pense par exemple au site MusicBox qui, il y a 10 ans, vendait en France à prix cassés des CD et des DVD qui venaient de Belgique. Il existe d’autres exemples de sites ultra-spécialisés, qui sont devenus des succès commerciaux indéniables. Dans le genre, la société à l’origine des sites Diapers.com (couches pour bébé) et Soap.com (savon) a été rachetée par Amazon en novembre dernier.

Le truc, c’est de trouver une combinaison produit/situation géographique qui combine plusieurs caractéristiques :

  • Un produit qui va générer des ventes récurrentes. Il faut répondre à un besoin répétitif. Une fois que vous aurez gagné un client, il y aura de fortes chances qu’il revienne vers vous.
  • Un marché de niche, une situation où la concurrence est faible. Cela a pour effet d’étouffer les guerres de prix. Et donc il est d’autant plus facile de se différencier par un prix de vente plus faible que celui des acteurs en place.
  • Un produit facile à importer, sans modification ou adaptation locale coûteuse à mettre en place.

Alors si vous trouvez des idées intéressantes, que vous allez vous lancez ou que vous souhaitez juste en discuter, n’hésitez pas à laisser des commentaires ou à me contacter directement.